Si la peinture à l’huile est la plus utilisée depuis si longtemps, ce n’est pas pour rien. C’est la peinture des maîtres.
Bien sûr, il a existé d’autres techniques, qui étaient toutefois moins efficaces en termes de conservation dans le temps, comme la peinture à l’œuf, dite à la tempera, ainsi que d’autres.
De nos jours, il existe de nombreuses techniques qui permettent aux artistes de s’exprimer, comme la gouache, l’acrylique, l’aquarelle, etc.
Chaque technique a ses avantages et ses défauts. Mais une fois qu’on a touché à la peinture à l’huile, il semble compliqué de revenir en arrière tellement les possibilités d’utiliser cette matière sont grandes.
Mais la peinture à l’huile est-elle donc si difficile que ça à travailler ? Et une toile à l’huile sera-t-elle si complexe à réaliser ?
Nous allons en parler et je vais vous donner un peu de mes impressions et de mon avis personnel sur le sujet.
Le choix de l’huile, une question d’affect
Parmi toutes les peintures, c’est la peinture à l’huile que je voulais apprendre.
Par le passé, j’ai eu l’occasion d’essayer la peinture acrylique, et définitivement je ne m’en suis pas très bien sortie avec cette peinture. L’acrylique sèche très vite et pour faire de beaux dégradés, c’est quasiment mission impossible pour moi. C’est pour ça que je n’aimais pas tant la peinture ainsi que peindre, de base. Je n’avais pas encore trouvé mon médium.
En soi, je m’en étais sortie à peu près à l’acrylique, bien obligée, mais je n’avais pas idée de ce qu’il était possible de faire avec une autre peinture. Surtout je n’avais pas la prétention de vouloir approcher la peinture à l’huile. Cette peinture avait pour moi (et pour beaucoup) la réputation d’être difficile, de mettre un temps fou à sécher, etc. Il n’en est rien ! Ce n’est pas si difficile. Certes il faut considérer un long temps de séchage, mais c’est surtout le temps nécessaire à la siccativation de votre huile (qui mettra encore des dizaines d’années à sécher). Par contre vous pouvez continuer à travailler dessus (sur une surface humide ou sèche).
J’ai voulu apprendre la peinture à l’huile et c’est pour moi maintenant la seule véritable option. Je ne dénigre pas les autres techniques actuelles, mais je ne les maîtrise, tout simplement !
Remarque technique à l’huile
Je suis la première à être admirative devant une belle peinture aquarelle, où l’on peut observer des nuages magnifiques, par exemple. L’artiste de l’image que j’ai en tête disait que la gestion des blancs est difficile en aquarelle.
À l’huile, c’est différent. La peinture est très couvrante peu importe la couleur, et j’adore ça ! Ça me convient très bien. Dans cette mesure, il est possible de couvrir ou de recommencer au besoin sans s’inquiéter de la transparence de la peinture.
Vous pourrez travailler la peinture à l’huile sans crainte car vous pourrez toujours recommencer ou retirer la matière à l’aide du médium (composé d’huile de lin et de térébenthine raffinée).
Ici, le seul moyen d’obtenir une peinture transparente est d’utiliser du médium, justement, pour diluer la peinture et pour créer ce qu’on appelle un glacis.
J’ai appris la technique du glacis bien plus tard dans l’année suivant le début de mon apprentissage. Ce n’est pas forcément nécessaire de l’utiliser ! Cela dépend de ce que l’on a besoin de faire.
Des avantages de la peinture à l’huile
L’huile semble être une bonne option si vous vous intéressez à une peinture qui sait durer dans le temps et qu’il est possible de retravailler au fur et à mesure de votre séance de travail.
Les dégradés sur une peinture à l’huile sont faciles à réaliser ; clairement plus qu’avec une peinture qui sèche vite, comme l’acrylique ou avec un process différent, à l’aquarelle, où vous êtes retenus par la quantité d’eau sur votre papier (trop ou pas assez), et où c’est trop tard si ce n’est pas exécuté dans les temps…
Un ami m’a dit que la peinture à l’huile était difficile… En réalité, ce n’est pas très compliqué. Il faut juste savoir comment s’y prendre.
Expérience de débutant et erreurs à éviter
Si vous voulez voir un exemple d’erreur à ne pas faire, regardez le tableau que j’ai essayé de réaliser l’été avant de commencer les premiers cours. C’est loupé et pourtant, cela ne m’a pas empêchée de réaliser d’autres tableaux très bien par la suite.
J’ai voulu faire des fleurs sur un fond noir ici et j’ai fait plusieurs erreurs : déjà on évite d’utiliser le noir (je ne l’ai encore pas utilisé jusqu’ici en un an et demi d’apprentissage). Ensuite, ce qui est notable c’est que j’ai voulu faire des fleurs dont les pétales sont blancs, et ce, directement à côté d’un fond noir, le tout « dans le mouillé » . Bien entendu, les deux ont commencé à se mélanger ! C’était bancal comme résultat. Ça ne m’a pas plu et j’ai directement arrêté.

Si j’avais eu mon expertise actuelle, je dirais qu’il aurait fallu faire tout le fond directement et le laisser sécher, ou bien commencer à esquisser les fleurs mais savoir qu’on allait repasser dessus et les retravailler car tout ne se fait pas forcément en une fois ! On n’aurait pas eu peur de tout mélanger et de faire quelque chose de « sale » .
Lorsqu’on est débutant, on apprend, on découvre, c’est normal de ne pas savoir où aller, et encore maintenant c’est normal de chercher.
Les débuts de l’étudiant artiste
Lorsque j’ai commencé à apprendre sérieusement, alors à ce moment-là, j’ai appris à « couvrir » la toile, pour commencer. J’ai aussi appris doucement à mélanger les couleurs que j’avais dans mes petits tubes et à comprendre comment ça fonctionne. J’y allais petit à petit, avec aide et conseils.
Il est clair que sans ces conseils que m’a apportés ma professeure, je n’aurais pas réussi à réaliser une assiette de poivrons aussi réaliste.
Au début, c’est difficile d’être précis, mais avec le temps ça devient plus naturel. On réussira à appliquer la peinture plus proprement et joliment et on aura une meilleure perception générale de notre travail et des outils à utiliser.
La seule complexité de la peinture à l’huile
Le seul défaut de l’huile réside dans son temps de séchage assez long, mais honnêtement, en quatre jours on peut avoir une partie de son travail sec. Quand on sait qu’il y a un temps de siccativation de la peinture, alors on sait qu’il faut attendre suffisamment avant d’y apposer une autre couche, au risque de voir la couche inférieure craqueler, mais ce n’est pas forcément gênant.
Franchement, si vous peignez une fois par semaine à raison de deux à trois heures de pratique, alors vous avez suffisamment le temps de voir votre peinture sécher pour y revenir la semaine suivante ! Ce n’est pas un problème et rien ne vous empêche de commencer un autre projet au besoin ; ou encore de travailler à un autre endroit de la toile.
Aussi il faudra faire attention au médium utilisé car c’est lui aussi qui jouera sur la siccativation de votre peinture… Ceci non plus ce n’est pas compliqué quand on sait quoi utiliser.
Pour conclure
La peinture à l’huile est riche. Elle se conserve dans le temps.
Il n’est pas si difficile d’apprendre à maîtriser cette technique. C’est facile en soi. Il faut juste la découvrir, petit à petit.
Si vous êtes un artiste habitué des autres techniques et rêvant de toucher à l’huile, alors il ne faut pas attendre et commencer tout de suite. Si vous êtes débutant, n’ayez pas peur de vous lancer, au contraire, plus vite vous commencerez ce que vous voulez vraiment faire, plus vite vous gagnerez les compétences nécessaires pour y arriver.

Détail de tableau sur une zone présentant de l’écume et une feuille.
Ce n’est pas difficile d’apprendre la peinture à l’huile, il faut juste savoir par où commencer.

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