Premiers coups de pinceaux : débuter une peinture à l’huile

Commencer une toile en peinture à l’huile est une aventure artistique unique à chaque créateur. Elle varie, influencée par des traditions différentes et une évolution personnelle constante. Les méthodes divergent selon les artistes et les époques, reflétant une riche diversité des approches.

La peinture à l’huile, avec sa durabilité et sa malléabilité, offre une toile de fond idéale pour l’expérimentation et la réflexion, permettant de revisiter et de retravailler l’œuvre au fil du temps.

La voie personnelle : entre intuition et technique en peinture à l’huile

Travailler les masses

Personnellement, ma technique est le fruit d’un apprentissage continu, nourri par les enseignements reçus et affiné par mes expériences et préférences. C’est le résultat d’essais, du développement des capacités et de la compréhension de la matière.

Dans ma quête artistique, j’explore différentes façons d’entamer une toile. Certaines fois, je commence par étaler des taches de couleurs, créant une ébauche brute des éléments à venir. Ces premières marques peuvent rester telles quelles ou être un peu plus raffinées et détaillées, dès le premier passage, puis encore élaborées au fil des sessions successives.

Comprendre la matière

Comprendre le moment et la manière d’intervenir a été un voyage en soi, souvent teinté de l’ambiguïté des possibilités et de ma compréhension des conseils reçus sur le moment. Cependant, c’est en étant véritablement immergé dans le processus de création que la logique de la peinture se dévoile. On ressent instinctivement la direction à prendre, ou bien l’on cherche !

Chaque méthode porte en elle une valeur propre, non pas en termes de supériorité, mais de préférence personnelle. L’essentiel est de se lancer, d’expérimenter et de découvrir le chemin qui résonne avec votre voix artistique.

La sous-couche

Intérêts de la préparation

La sous-couche n’est pas obligatoire, mais elle va vous aider à travailler votre toile si vous y ajouter un tout petit peu de couleur pour créer une teinte (ce qui va faire ressortir les couleurs que vous allez appliquer par dessus).

Soyons d’accord, quand je parle de cette sous-couche, je parle de la couche de matière qui va solidifier et donner une tenue et un apprêt supplémentaire à la base de votre peinture, sur votre toile. Ensuite viendra la première couche de peinture à l’huile.

Cette base va aider à isoler votre peinture à l’huile de la toile (dont la couche de support est souvent très fine). Appliquer une couche de base va permettre d’éviter que le tissu de la toile n’aspire l’huile. Vous aurez aussi une surface plus lisse sur votre toile (à condition d’y passer un coup de papier de verre après avoir apposé et laissé sécher la sous-couche).

J’ai essayé plusieurs options. Il peut être intéressant d’apposer deux couches selon votre besoin et votre appréciation de la toile. Sinon une seule couche suffit.

En ce qui me concerne, j’applique très finement la sous-couche. Je la tire bien. Je ne la ponce donc pas obligatoirement.

Comment faire la sous-couche

La sous-couche est composée de Gesso blanc que vous trouverez en magasin d’art ou en ligne (lien affilié).

Parfois, c’est dans cette matière que je rajoute une noisette de peinture acrylique, qui est utile pour colorer et qui sèche vite : bleue, noire et/ou brune.

J’obtiens un espèce de gris violet (à cause du brun et du bleu) qui est utile pour se donner une base colorée. Au début, c’était un peu perturbant de passer du blanc à la couleur au niveau de la sous-couche, mais maintenant j’aime bien.

Dans votre mélange, ajouter de l’eau pour que la pâte ait une texture agréable à étaler et à étirer au pinceau : c’est-à-dire, ni trop liquide, ni trop épaisse. Attention, si vous mettez trop d’eau dans votre mélange, vous étalerez quelque-chose de trop liquide et il vous restera des endroits vides. Il vous faudra alors ajouter une deuxième couche.

Faites votre test. Utilisez un fond de bouteille découpé pour faire votre mélange. Puis, utilisez un spalter doux en fibre synthétique.

spalter simple

Un spalter est un pinceau plutôt plat avec des poils alignés pour vous permettre de couvrir une grande surface en un seul passage.

Ici, il faudra tout de même bien étaler et étirer votre gesso.

Les premiers passages à l’huile

Commencer en masses et suggérer les formes

« Il faut couvrir. » Voilà ce que m’a dit ma professeure quand j’ai commencé.

J’étais là devant mon tableau, je ne savais pas par où commencer, comment m’y prendre. Je ne savais pas encore que la peinture fonctionnait vraiment en couches successives qui se rajoutaient les unes au-dessus des autres.

En vérité, vous apposez, dans un premier temps, une couche de peinture qui n’est même pas forcément jolie, histoire de « couvrir » . Le but de ceci est de créer une couche qui présentera une ébauche plus ou moins évoluée de ce vers quoi vous allez dans votre peinture, sur votre toile.

C’est ainsi que je me retrouve à créer, au début, des sortes de masses en formes de poivrons, qui seront retravaillées jusqu’à obtenir des poivrons de formes et de matière qui semble en volume ; avec la création des ombres et des lumières.

Je veux dire par là que les premiers passages n’ont pas besoins d’être convaincants. Ils se travaillent !

D’un autre côté, lors de ma réalisation des hortensias, la première couche d’huile était très légère et variées dans les nuances avec les coups de pinceaux placées au hasard mais pour former des formes de fleurs quand même.

Remarques sur la préparation, et technique

En l’occurrence, je n’avais pas fait de sous-couche pour le premier projet. Comme dit, il n’est pas obligatoire de rajouter une sous-couche. Ma toile qui était pourtant fine et faiblement préparée n’a pour autant pas souffert de désagrément. Mais je trouve que la peinture peut avoir un effet peu brillant à la présentation, contrairement à d’autres toiles qui avaient bénéficié de plus de gesso à la base. Peut-être que c’est aussi lié au fait que j’ai étalé peut de peinture car j’étais frilleuse et que j’apprenais.

A contrario, sur un autre projet (celui des hortensias) j’avais mis énormément de gesso pour essayer de redresser un peu une toile voilée. En vérité il n’y a pas grand chose que l’on puisse faire pour redresser une toile voilée (tordue). Sur cette toile, il a été difficile de faire ma couche de fond, à l’huile, pour le projet, au dessus du gesso. Il y en avait trop et on voyait les traces des poils de pinceaux (car il y avait beaucoup de matière et que ça a séché comme ça). C’est ce qui m’a fait commencer à essayer la peinture au couteau, pour contourner le problème et étaler la peinture autrement. Cela a été très intéressant.

Première étape à base de terre

Traditionnellement, il est aussi possible de commencer sa toile avec une couleur brune réalisée en terre d’ombre brûlée et mélangée à du médium pour la diluer.

Cette base de peinture préparatoire à l’huile vient marquer le dessin et suggérer les zones d’ombres et de lumières. Il est aussi possible de commencer sa toile de cette manière.

La peinture diluée au médium va très rapidement sécher à l’air libre, après quoi vous pourrez commencer à peindre en couleur, en vous servant de cette base, toujours.

De toute manière, les détails sont déjà là, souvent, il suffi de les voir et de les faire ressortir.

6 commentaires

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