
Voici une manière très concrète de penser le volume : peindre dans le sens de la forme et relier les tâches.
Quand on commence un objet en peinture à l’huile, on pense souvent à la couleur, aux lumières et aux ombres.
Mais en réalité, ce qui fait tenir un vase – ou n’importe quelle forme – ce n’est pas seulement la couleur que vous posez.
⮕ C’est la manière dont vous la posez.
Peindre sur la forme : donner du volume au vase
Dans cette séance, je ne me suis pas contentée de « remplir » une forme. J’ai travaillé par tâches, par superpositions, en observant comment les couleurs dialoguent entre elles et comment elles construisent peu à peu le volume.
Je vous montre ici le résultat, mais surtout le chemin.
Car derrière ce vase, il y a une question essentielle :
Comment donner du volume en peinture à l’huile sans surcharger, sans compliquer, et sans perdre la fraîcheur du geste ?
C’est ce que nous allons voir ensemble.
Test et application
J’applique les couleurs sur la forme un peu comme des tâches.
Mais en réalité, je regarde où se trouvent les zones colorées de telle ou telle manière. J’observe et j’anticipe les lumières et les ombres (qui sont déjà traduites par le choix des couleurs).

Je fais mes mélanges sur la palette.
Je teste.
Voir le vase terminé

On va être honnête. Quand on regarde bien le vase, c’est plutôt très opaque. C’est normal. J’ai bien signifié mes zones de lumière et d’ombre.
Il est fort possible que je revienne la prochaine fois avec un glacis ou un frottis pour définir encore quelques détails.
De toute façon, je vous réserve encore des surprises.
Jonction et lissage
Ici, je passe simplement un coup de pinceau plat (le même que celui utilisé pour appliquer la peinture), légèrement et assez rapidement, pour lisser les coups de pinceau et faire la jonction entre deux couleurs.
Il y a beaucoup de couleurs. Disons qu’ici c’est plutôt de la finition de fin de séance. Durant cette séance, j’ai créé toutes les couleurs et nuances que vous voyez dans le vase.
L’important, une fois les tâches posées, c’est de les relier entre elles.

Idéalement, on peint toujours dans le sens de la forme de l’objet.
Forme ici non pas en termes de contour, mais en termes de volume.
Le vase a une forme, un volume, une matière. Pour le restituer, il faut en tenir compte et orienter le pinceau selon ces volumes.
On peut mélanger de haut en bas et de gauche à droite. Pensez à orienter le pinceau en arc de cercle par moments pour créer une sorte de « ventre » au vase. Je le dis ici, mais je ne fais pas forcément attention à cela sur les images.
C’est la preuve que vous pouvez y aller.
Souvent, c’est au moment de lisser la peinture que tout se joue.
Les couleurs et leurs surprises
Dans le mélange entre la terre d’ombre naturelle et le bleu outremer, vous voyez apparaître du verdâtre.

Et ce gris ?
Vous ne trouvez pas surprenant d’obtenir cette couleur alors qu’on a utilisé de la terre d’ombre naturelle, du bleu et du blanc ?
C’est aussi ça, la « magie » de la peinture à l’huile.
On apprend souvent qu’on fait du gris avec du noir et du blanc. En réalité, on peut obtenir des gris magnifiques autrement.
Je ne dis pas cela pour vous faire apprendre des recettes. Absolument pas. Mais on trouve souvent ce dont on a besoin en cours de route.
Ici, j’ai trouvé mon bonheur en pratiquant.
⮕ J’ai un bagage technique. Je pratique.
C’est le secret.
⮕ Je teste aussi.
Sur la palette
Sur la palette, j’ai encadré les couleurs qui font partie des basiques à avoir absolument. Les deux autres sont des couleurs dont on peut totalement se passer.
L’une, je ne l’ai pas utilisée avant trois ans de pratique. Elle n’est donc pas indispensable. Malgré tout, je la trouve très intéressante (la terre d’ombre naturelle) et je l’utilise davantage depuis ce tableau.

Remarquez aussi la couleur jaunâtre que je crée. Je l’utilise pour la lumière. J’ai mélangé une partie du gris bleu avec de l’ocre et du blanc. Il y a toujours une part de vert là-dedans. C’est ce qui donne une certaine profondeur au vase, assez central dans l’image.

Construction en deux couches
Superpositions et effets inattendus
Il est intéressant de voir que le bleu clair que j’ai mis en dessous a pu jouer dans l’effet final. Comme j’ai posé des couches plus ou moins épaisses, la superposition crée parfois quelque chose d’intéressant.
Autrement, comme je vous l’ai déjà dit, la peinture à l’huile est très couvrante. Si elle n’est pas fortement diluée avec du médium (afin de créer un glacis), elle est opaque.
Je vous parlerai du médium à peindre une prochaine fois. J’en utilise un très simple à mettre en place dans toutes les circonstances.
Voyez le vase en cours de mise en peinture.
J’applique au-dessus de la couche bleue (sèche) qui m’a servi à positionner mon vase avec la forme, une deuxième couche de peinture.
Cette seconde couche bénéficie de celle du dessous pour obtenir une opacité totale par rapport à l’arrière-plan et me donner une liberté complète dans la réalisation des nuances.
J’ai trouvé cette façon de faire pour son côté pratique. Mais je publierai sans doute d’autres articles où j’aborderai une méthode différente.

Lors de cette séance, j’ai utilisé ce pinceau (assez chargé en peinture sur la photo il faut l’avouer) de A à Z. J’ai aimé appliquer mes couleurs et les lier entre-elles avec celui-ci. C’est un bon exemple de l’utilisation des pinceaux, dont je vous parle dans mon guide gratuit.
Je vous invite à télécharger la Checklist du matériel nécessaire pour vous lancer, en indiquant simplement votre email. Je vous l’envoie directement dans votre boite mail. C’est gratuit.
Conclusion
Au départ, je pensais simplement vous montrer la réalisation visuelle de ce vase.
Et en écrivant, je me rends compte que ce qui compte vraiment ici, ce n’est pas seulement le vase en lui-même, mais la manière dont on construit le volume.
👉 relier les tâches entre elles pour créer le volume,
👉 peindre dans le sens de la forme,
👉 superposer pour obtenir profondeur et opacité (observer comment les couches se superposent et interagissent).
Le sujet n’est pas l’objet.
Le sujet, c’est la façon de le faire exister.
C’est souvent comme cela que la peinture avance. On commence par faire, puis on comprend ce qu’on est en train d’apprendre.
Et c’est exactement ce que je voulais vous montrer aujourd’hui.
Bien à vous,